Comptabilisation des intérêts courus sur un compte à terme : guide pratique

La gestion des comptes à terme représente un enjeu majeur pour les entreprises souhaitant optimiser leur trésorerie excédentaire. Ces placements financiers, bien que sûrs et rentables, nécessitent une rigueur comptable particulière, notamment concernant la comptabilisation des intérêts courus. Cette problématique touche directement l’image fidèle des comptes annuels et le respect du principe d’indépendance des exercices comptables.

Les intérêts courus sur comptes à terme constituent une composante essentielle du résultat financier d’une entreprise. Leur traitement comptable incorrect peut entraîner des distorsions significatives dans l’évaluation de la performance économique et créer des difficultés lors des contrôles fiscaux ou des audits externes. La maîtrise de ces mécanismes devient donc indispensable pour tout professionnel comptable ou dirigeant d’entreprise.

Définition et mécanisme des intérêts courus selon le plan comptable général

Les intérêts courus représentent la fraction des intérêts financiers acquise à une date donnée, mais dont l’échéance de paiement n’est pas encore intervenue. Dans le contexte des comptes à terme, ces intérêts s’accumulent de manière continue depuis l’ouverture du placement jusqu’à sa clôture, créant une créance latente sur l’établissement bancaire.

Le Plan Comptable Général définit précisément les modalités de traitement de ces intérêts courus. Ils doivent être comptabilisés dès lors qu’ils correspondent à des droits acquis, indépendamment de leur date de versement effective. Cette approche respecte le principe fondamental de la comptabilité d’engagement, qui impose de rattacher les produits et charges à l’exercice auquel ils se rapportent économiquement.

Calcul des intérêts courus selon la méthode linéaire et actuarielle

La méthode de calcul des intérêts courus varie selon les caractéristiques du compte à terme et les pratiques de l’établissement bancaire. La méthode linéaire, la plus couramment utilisée, consiste à répartir uniformément les intérêts sur toute la durée du placement. Pour un compte à terme de 100 000 euros à 3% sur 12 mois, les intérêts courus après 6 mois s’élèveront à 1 500 euros.

La méthode actuarielle, plus complexe, prend en compte l’effet de capitalisation des intérêts. Elle s’applique principalement aux placements de longue durée ou aux instruments financiers sophistiqués. Cette approche nécessite l’utilisation de formules mathématiques avancées intégrant le taux d’actualisation et la valeur temps de l’argent.

Application du principe de rattachement des charges et produits à l’exercice

Le principe de rattachement constitue l’un des fondements de la comptabilité française. Il impose de comptabiliser les intérêts courus dans l’exercice au cours duquel ils ont été acquis, même si leur encaissement intervient ultérieurement. Cette règle garantit une représentation fidèle de la situation financière de l’entreprise à chaque clôture comptable.

Cette application revêt une importance particulière pour les entreprises dont l’exercice comptable ne coïncide pas avec les dates d’échéance des comptes à terme. Dans ce cas, le calcul des intérêts courus nécessite une attention particulière pour déterminer précisément la quote-part d’intérêts rattachable à chaque exercice.

Distinction entre intérêts acquis et intérêts échus sur comptes à terme</h

Sur un compte à terme, les intérêts acquis correspondent donc à la rémunération déjà générée à date, calculée au prorata temporis, alors que les intérêts échus sont ceux dont la date contractuelle de versement est arrivée. Les premiers donnent lieu à la comptabilisation d’intérêts courus, les seconds à un encaissement effectif sur le compte bancaire. Cette distinction est essentielle pour ne pas confondre flux économiques (produits acquis) et flux de trésorerie (produits encaissés), notamment lors de la préparation de la liasse fiscale et des tableaux de flux de trésorerie.

Dans la pratique, on peut comparer les intérêts acquis à un loyer déjà « gagné » en fin de mois mais pas encore payé par le locataire, alors que les intérêts échus seraient le loyer effectivement réglé. Sur un compte à terme, la banque continue de faire « tourner le compteur » même entre deux dates de versement : ce delta doit apparaître en intérêts courus. Ne comptabiliser que les intérêts échus reviendrait à lisser artificiellement la performance financière, au mépris du principe de rattachement.

Impact de la durée résiduelle sur la valorisation des intérêts courus

La durée résiduelle du compte à terme, c’est‑à‑dire le temps restant jusqu’à l’échéance, influence directement le montant des intérêts courus à comptabiliser. Plus on se rapproche de la date de versement, plus la part d’intérêts déjà acquise est importante. À l’inverse, juste après l’ouverture d’un compte à terme de 12 mois, la fraction d’intérêts courus au bout de quelques jours reste marginale et peut parfois être négligée dans les situations intermédiaires, selon le principe de signification relative.

Sur le plan comptable, la valorisation des intérêts courus repose toutefois sur une approche proportionnelle : on applique le taux d’intérêt au capital, puis on prorate selon le nombre de jours écoulés sur la durée totale du placement. Dans un contexte de comptes à terme de moyen ou long terme (24, 36 ou 60 mois), la durée résiduelle joue aussi un rôle dans l’analyse financière : elle permet d’anticiper les flux futurs de trésorerie et de mesurer l’exposition de l’entreprise aux variations de taux, en cas de renégociation ou de sortie anticipée.

Dans certains cas complexes (taux progressifs, comptes à terme à palier, options de sortie), la durée résiduelle sert de variable clé pour déterminer quelle tranche de taux appliquer au calcul des intérêts courus. Vous l’aurez compris : au-delà du simple prorata, la bonne connaissance de la structure temporelle du placement est indispensable pour fiabiliser la comptabilisation des intérêts courus sur comptes à terme.

Écritures comptables pour la comptabilisation des intérêts courus

Une fois les mécanismes économiques compris, reste à traduire correctement les intérêts courus en écritures comptables. Le Plan Comptable Général prévoit des comptes spécifiques pour enregistrer les intérêts acquis non échus, tout en respectant la distinction entre flux de trésorerie et produits financiers. L’objectif est double : présenter un bilan fidèle (créances ou dettes d’intérêts clairement identifiées) et un compte de résultat rattachant les produits financiers à la bonne période.

Sur un compte à terme, la logique générale est la suivante : à la clôture de l’exercice, on constate une créance d’intérêts courus à recevoir en contrepartie d’un produit financier. En ouverture de l’exercice suivant, cette écriture d’inventaire est régularisée, puis remplacée, lors du versement effectif, par une écriture d’encaissement en banque. Ce séquencement peut sembler lourd, mais il évite le risque de double comptabilisation et facilite les contrôles lors d’un audit.

Utilisation du compte 5118 « autres comptes courants » pour les intérêts non échus

Certains professionnels choisissent d’utiliser le compte 5118 Autres comptes courants comme compte transitoire pour suivre les intérêts non échus liés à des comptes à terme, notamment lorsque la banque ventile les flux sur un compte courant spécifique. Le compte 5118, rattaché aux comptes financiers, permet alors d’identifier séparément les créances d’intérêts sur des comptes à terme, sans les confondre avec la trésorerie immédiatement disponible du 512.

Dans cette configuration, au 31/12, l’entreprise constate les intérêts courus à recevoir sur le compte à terme en débitant le 5118 et en créditant un compte de produits financiers adapté (par exemple 762 ou 768, selon la nature du placement). Le 5118 joue alors le rôle d’un « sas » temporaire entre la créance d’intérêts théorique et l’encaissement futur sur le 512. Cette méthode présente l’avantage de suivre distinctement, dans un seul compte, l’ensemble des flux d’intérêts non échus sur différents comptes à terme.

Concrètement, l’écriture d’inventaire au 31/12 pourrait se présenter ainsi pour 2 000 € d’intérêts courus sur un compte à terme :

Débit 5118 "Autres comptes courants" : 2 000 €Crédit 762 "Produits de participations" ou 768 "Autres produits financiers" : 2 000 €

Au moment du versement effectif par la banque, la sortie du 5118 vers le 512 permet de matérialiser l’encaissement réel, tout en conservant l’historique des intérêts courus déjà rattachés à l’exercice précédent. Cette technique est particulièrement utile si vous gérez plusieurs comptes à terme dans des établissements bancaires différents.

Passation d’écritures d’inventaire avec le compte 762 « produits de participations »

Le compte 762 Produits de participations est généralement utilisé pour enregistrer les produits liés à des titres de participation (dividendes, distributions). Toutefois, dans certaines configurations de trésorerie de groupe, un compte à terme intra‑groupe ou assimilé peut être rattaché à une logique de participation, et les intérêts peuvent alors transiter par le 762 plutôt que par le 764 ou le 768. L’important est surtout de conserver une cohérence dans le plan de comptes et de documenter ce choix.

Dans le cas classique d’un compte à terme ouvert auprès d’une banque, on utilisera plus fréquemment le compte 764 Revenus des valeurs mobilières de placement ou 768 Autres produits financiers. Néanmoins, si votre schéma de comptes prévoit le 762 pour certains placements assimilés à des participations, la passation de l’écriture d’inventaire reste identique : débit du compte d’intérêts courus (5118, 5188 ou 2768 selon la nature du placement) et crédit du 762.

À titre d’exemple, pour un compte à terme de 500 000 € rémunéré au sein d’un groupe et assimilé comptablement à une participation, les 10 000 € d’intérêts courus à la clôture pourraient être enregistrés ainsi :

Débit 5118 ou 2768 "Intérêts courus à recevoir" : 10 000 €Crédit 762 "Produits de participations" : 10 000 €

L’essentiel est de veiller à ce que la nature du produit financier soit correctement reflétée dans le compte de résultat. En cas de doute, on privilégiera le 768, plus générique, afin de ne pas reclasser à tort des produits d’intérêts de trésorerie en produits de participations.

Régularisation des comptes transitoires en début d’exercice suivant

Les écritures d’intérêts courus passées en fin d’exercice ont un caractère d’inventaire : elles sont destinées à rattacher les produits financiers au bon exercice, mais doivent être régularisées en ouverture de l’exercice suivant. Sans cette régularisation, vous risqueriez de comptabiliser deux fois le même produit lors du versement effectif des intérêts par la banque. Comment procéder concrètement ?

Au 1er janvier, il convient d’extourner l’écriture passée au 31/12. Si, par exemple, vous aviez constaté 3 000 € d’intérêts courus au 31/12/N par l’écriture :

Débit 5118 : 3 000 €Crédit 762 (ou 768) : 3 000 €

Vous enregistrerez au 01/01/N+1 l’extourne suivante :

Débit 762 (ou 768) : 3 000 €Crédit 5118 : 3 000 €

Lorsque les intérêts sont effectivement versés par la banque sur le compte à terme ou sur le compte courant, vous passez alors l’écriture « normale » d’encaissement, généralement :

Débit 512 "Banque" : 3 000 €Crédit 762 ou 768 : 3 000 €

Le résultat net est le suivant : en N, les 3 000 € ont été pris en compte comme produit acquis ; en N+1, seule la partie d’intérêts réellement générée pendant l’exercice N+1 est comptabilisée en produit. Cette mécanique d’extourne et de régularisation des comptes transitoires est un point de contrôle classique des auditeurs.

Traitement comptable des prélèvements fiscaux sur intérêts courus

Les intérêts générés par un compte à terme sont soumis à l’impôt sur les sociétés, mais peuvent également être soumis à des prélèvements fiscaux à la source, selon la nature du titulaire (personne morale ou physique) et le régime fiscal applicable. Pour les entreprises soumises à l’IS, la banque pratique généralement des prélèvements sociaux et parfois des retenues spécifiques, directement lors du versement des intérêts. La question se pose alors : faut‑il tenir compte de ces prélèvements au moment de la comptabilisation des intérêts courus ?

Sur le principe, les intérêts courus sont comptabilisés pour leur montant brut, c’est‑à‑dire avant retenues à la source. Le produit financier constaté au 31/12 doit refléter le revenu total généré par le compte à terme, même si une partie sera ultérieurement prélevée par l’administration fiscale. Au moment du versement effectif, on enregistrera le montant brut des intérêts au crédit du compte de produits financiers, et le montant des prélèvements fiscaux en charge (par exemple 635 Autres impôts, taxes et versements assimilés) ou en compte de tiers, selon le cas.

Un schéma simplifié pourrait être le suivant lors du versement :

Débit 512 "Banque" : montant net perçuDébit 635 "Impôts, taxes et versements assimilés" : montant des prélèvementsCrédit 762/764/768 : montant brut des intérêts

Cette approche permet de conserver une vision claire du rendement brut du compte à terme et du coût fiscal associé, ce qui est précieux pour comparer différents placements de trésorerie. En cas de contrôle fiscal, la concordance entre les relevés bancaires, les écritures de produits financiers et les charges de prélèvements sociaux sera un élément clé de justification.

Modalités de calcul des intérêts selon les établissements bancaires

Chaque établissement bancaire applique ses propres modalités de calcul des intérêts sur les comptes à terme, dans le cadre fixé par la réglementation. Certains utilisent une base annuelle de 365 jours, d’autres 360 jours ; certains pratiquent un calcul « exact/exact », d’autres « 30/360 ». Ces choix ont un impact direct sur le montant des intérêts courus à comptabiliser, en particulier lorsque l’on calcule un prorata temporis en fin d’exercice.

Il est donc indispensable de se référer aux conditions générales du contrat de compte à terme pour déterminer la méthode de calcul retenue par la banque. Par exemple, un compte à terme à taux progressif peut prévoir une rémunération de 2 % la première année, 2,5 % la deuxième, puis 3 % la troisième. Les intérêts courus au 31/12 devront alors être calculés en appliquant le taux correspondant à la tranche de durée dans laquelle se situe la date de clôture. Sans cette vigilance, vous risquez de sous‑ ou sur‑évaluer les produits financiers de l’exercice.

On peut comparer ces différentes méthodes à des règles de mesure du temps légèrement différentes : si vous mesurez une course en minutes ou en secondes, le résultat numérique ne sera pas le même, même si la réalité est identique. De la même façon, un même compte à terme donnera lieu à des montants d’intérêts courus légèrement différents selon que la banque raisonne en « jours exacts » ou en « mois de 30 jours ». Pour sécuriser vos calculs, il est souvent pertinent de rapprocher le prorata obtenu de la simulation fournie par la banque ou de l’échéancier contractuel.

Implications fiscales et déclaratives des intérêts courus

Les intérêts courus sur un compte à terme ne sont pas seulement un enjeu de présentation comptable ; ils ont aussi des conséquences fiscales directes. En comptabilité d’engagement, les produits financiers sont imposables au titre de l’exercice au cours duquel ils sont acquis, indépendamment de leur date d’encaissement. Une mauvaise évaluation des intérêts courus peut donc fausser le résultat fiscal, et par ricochet, l’impôt sur les sociétés dû par l’entreprise.

Au‑delà du simple calcul de l’IS, les intérêts sur comptes à terme peuvent interagir avec d’autres dispositifs : plafonnement des charges financières nettes, règles de sous‑capitalisation, ou encore régime fiscal spécifique applicable à certaines créances. Vous le voyez : une écriture apparemment anodine en 5118 ou 5188 peut, en arrière‑plan, influer sur plusieurs rubriques de la liasse fiscale et sur les indicateurs suivis par l’administration.

Déclaration des intérêts courus dans la liasse fiscale 2033

Pour les entreprises relevant du régime simplifié d’imposition et utilisant la liasse 2033, les produits financiers, y compris les intérêts courus sur comptes à terme, sont ventilés dans la partie « Résultat financier ». Les montants inscrits en 762, 764 ou 768 dans la comptabilité se retrouvent agrégés dans les lignes correspondantes des formulaires 2033‑B (compte de résultat simplifié) et 2033‑C (détail du résultat fiscal).

Les intérêts courus constatés au 31/12 viennent donc augmenter le résultat fiscal de l’exercice, même si la trésorerie ne sera effectivement encaissée qu’en N+1. Dans la pratique, la plupart des logiciels comptables et fiscaux reprennent automatiquement ces montants à partir de la balance. En revanche, lors d’un contrôle, l’administration peut demander le détail du calcul des intérêts courus et la justification des comptes 5118/5188 ou 2768. Il est donc prudent de conserver les relevés de compte à terme, les conventions de taux et les tableaux de calcul utilisés.

Si une divergence apparaît entre les montants figurant sur la liasse fiscale et ceux mentionnés sur les relevés bancaires (par exemple, un oubli d’intérêts courus dans un exercice antérieur), une régularisation peut s’avérer nécessaire. Dans ce cas, il est conseillé de documenter précisément l’origine de l’écart et l’écriture de correction passée, afin de sécuriser la position de l’entreprise en cas de demande d’explication ultérieure.

Application du régime fiscal des plus-values sur cessions de créances

Dans certaines situations particulières, un compte à terme ou la créance d’intérêts qui y est attachée peut être cédé à un tiers (banque, société de factoring, autre entité du groupe). Cette opération peut alors relever, en partie, du régime fiscal des plus‑values sur cessions de créances. La distinction entre la valeur nominale de la créance et son prix de cession devient alors déterminante.

Lorsque la créance d’intérêts courus est cédée pour un montant différent de sa valeur comptable, l’écart positif ou négatif constitue respectivement une plus‑value ou une moins‑value. Fiscalement, cet écart sera traité conformément aux règles applicables aux plus‑values de cession de créances, qui peuvent différer de celles applicables aux produits financiers courants. Il est donc important d’identifier clairement, dans la comptabilité, la part correspondant aux intérêts courus et celle éventuelle liée à une décote ou une surcote de cession.

Dans un contexte de gestion active de la trésorerie, ce type d’opération reste encore marginal pour les PME, mais il se développe dans les groupes et les structures financières. Avant de céder un compte à terme ou une créance d’intérêts rattachée, il est recommandé d’anticiper les impacts fiscaux et de simuler le traitement dans la liasse, pour éviter toute mauvaise surprise lors de la déclaration.

Traitement des prélèvements sociaux et libératoires sur intérêts courus

Les prélèvements sociaux et, le cas échéant, les prélèvements libératoires concernent surtout les personnes physiques. Néanmoins, certaines formes d’organismes ou d’entités translucides (sociétés de personnes, par exemple) peuvent se trouver confrontées à un régime intermédiaire où les intérêts sur comptes à terme sont imposés entre les mains des associés. Dans ce cas, la frontière entre traitement comptable et traitement fiscal des intérêts courus devient plus subtile.

Sur le plan comptable, comme indiqué plus haut, les intérêts courus sont comptabilisés en brut. Sur le plan fiscal, en revanche, les prélèvements sociaux ou libératoires peuvent être considérés comme acquittés au fur et à mesure de la génération des produits, ou seulement au moment de leur encaissement. C’est ici que la coordination entre l’expert‑comptable et le conseil fiscal prend tout son sens : la manière de déclarer ces prélèvements dans la déclaration de revenus ou dans la liasse fiscale peut varier selon le régime choisi.

Pour sécuriser votre pratique, une bonne méthode consiste à :

  • suivre systématiquement les intérêts courus en montant brut dans les comptes de produits financiers ;
  • ventiler distinctement, au moment des versements, les prélèvements sociaux et libératoires en comptes de charges fiscales dédiés ;

Vous disposez ainsi d’une traçabilité complète entre rendement brut du compte à terme, coût fiscal associé et revenu net réellement disponible pour l’entreprise ou ses associés.

Contrôles et justificatifs pour l’audit des comptes à terme

Les comptes à terme et les intérêts courus associés font l’objet d’une attention particulière lors des audits comptables et fiscaux. Les commissaires aux comptes, les auditeurs internes ou externes, mais aussi l’administration fiscale, cherchent avant tout à s’assurer que les montants d’intérêts courus sont correctement calculés, rattachés au bon exercice et justifiés par des pièces probantes. Comment vous préparer à ces contrôles de manière sereine ?

La première étape consiste à constituer un dossier de travail pour chaque compte à terme, incluant : le contrat de placement, les relevés bancaires, les simulations ou échéanciers fournis par la banque, ainsi que les tableaux de calcul des intérêts courus (base de calcul, taux, durée, méthode linéaire ou actuarielle). Ce dossier doit permettre à un tiers de reconstituer, pas à pas, le montant d’intérêts courus comptabilisé au 31/12 et les écritures passées en 5118, 5188 ou 2768.

Les auditeurs vérifient ensuite la cohérence entre :

  1. les relevés de comptes à terme (intérêts versés, dates d’échéance) ;
  2. les produits financiers enregistrés dans les comptes 762, 764 ou 768 au titre de l’exercice ;

Les points de vigilance portent notamment sur les comptes à terme pluriannuels, les taux progressifs et les placements ouverts ou clôturés en cours d’exercice. Une omission d’intérêts courus sur un compte à terme de montant significatif peut en effet modifier sensiblement le résultat financier, et donc la perception du risque par les tiers.

Enfin, dans un environnement de plus en plus digitalisé, nous voyons se généraliser l’usage de tableaux de suivi automatisés et d’extractions bancaires intégrées dans les logiciels comptables. Ces outils réduisent le risque d’erreur de saisie et facilitent la révision des comptes. Mais ils ne dispensent pas d’une vérification humaine : un contrôle de vraisemblance des montants d’intérêts (taux × capital × durée) reste indispensable pour s’assurer que la comptabilisation des intérêts courus sur comptes à terme reflète fidèlement la réalité économique du placement.

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